pour Jean-Philippe
hier courant dans le Fuxing gongyuan au milieu des mémés en pyjama violet
qui tournaient sur elles-mêmes
avec des éventails
en écoutant l’album de Kanye West
acheté au magasin des oeuvres piratées pour – ou contre – vingt-quatre yuans
(deux euros cinquante environ)
et songeant
que ce qu’ils appellent le hip-hop est de la danza fascista, qu’on n’entendit jamais musique plus consonante à promener des flux dans les corps, crachées les arrêtes de la langue sur les parkings dans de la bière un rot et que les bruits de larmes et mitraillettes ensemble disent une seule chose : tu dois danser, danser et recevoir ces phrases, couler dans votre sang et recevoir danser, et oublier ceux des accents qui découpèrent une bouche dans un petit rond dieu le verbe l’amène
,
aujourd’hui se rendant au café japonais
prenant les pieds dans de la langue
expliquant en chinois ce que lui a dit l’éditeur
et rendant compte de son week-end à la montagne (
une butte
après une heure de bus au milieu des poufiasses
lisant des brochures de mode sur leur ipad assises
et laissant crever les grand-mères
extuénuées, ridées, debout, tassées, cernées
dans les nids de poule de la nature
au milieu d’une ville sans sud
du même gris béton ah ah
autour d’un rien
cernées deux rues aussi
oh oh vieille tradition
et de travaux goût de bouchon
(la semaine pleine d’entassés aux pa-
ges mal tournées
pour celui qui voudrait y mater
l’autre côté des peaux )
ils descendaient au milieu des klaxons, le soleil faisait luire
les saucisses, le concert de tambours rythmait la coulée de familles, montant et descendant la butte en prenant des photos, Suzhou la belle
des usines de blanches, grises et noires qui s’emplissaient
d’un ciel de gaze)